LE CURLING, UN SPORT BIEN SHAWINIGANAIS

16 décembre 2015 

Par Claudine Drolet

 


Intérieur du club de curling de Grand-Mère, année indéterminée. Source : Fonds Bibliothèque Hélène B. Beauséjour, Ville de Shawinigan.

 

Depuis 2013, Shawinigan a renoué avec la tradition du curling grâce à l’ouverture du nouveau centre de curling municipal. Un bâtiment qui était fort attendu des amateurs de curling shawiniganais. Et ils sont nombreux, car la tradition est ancrée ici depuis longtemps.


C’est le premier maire de Shawinigan, Vivian Burrill, qui organise les premières parties de curling à l’hiver 1905-1906. On joue alors au curling à l’extérieur sur une glace installée à l’arrière de l’édifice Burrill, coin Cascades et de la station. Ce bâtiment existe encore aujourd’hui. Les joueurs s’installent par la suite dans un endroit plutôt inusité. La compagnie d’aluminium ferme deux lignes de cuves et offre l’espace à la ligue de curling qui y dispute ses parties jusqu’à l’ouverture du premier aréna de Shawinigan, l’aréna Wilson, en 1910. Cet aréna était situé à l’emplacement actuel de l’Auberge des Gouverneurs. En 1919, le club compte 27 membres.


Mais la popularité du curling est telle qu’on manque rapidement d’espace. En 1929 on construit un centre de curling près du complexe chimique, sur la rue des Cèdres, presqu’en face du Shawinigan High School.


En 1948, on entreprend la construction d’un nouveau curling, rue Broadway. Ce bâtiment existe toujours, bien qu’il ait changé de vocation. On y trouve aujourd’hui un magasin de meubles, des bureaux et le pub Broadway. Conçu par l’architecte Arthur Lacoursière et inauguré en 1949, ce centre de curling possédait trois glaces artificielles.


En 1953, un autre club de curling voit le jour à Shawinigan-Est . Leur bâtiment est situé sur la 43e rue. Moins de dix ans plus tard, ce club fusionne avec celui de la Légion. Trois glaces artificielles étaient disponibles dans le nouveau centre.


Le secteur Shawinigan-Sud n’est pas en reste avec son club de curling jumelé au golf qui proposera 4 glaces artificielles dès 1964.


Les résidents du secteur Grand-Mère se passionnent aussi pour le curling. La pratique de ce sport est initiée par l’usine Laurentide qui, en 1922, fait construire une glace extérieure avec baraquement en bois dans le parc Forman face à l’usine. En 1923, la compagnie construit le curling de Grand-Mère sur la 2e avenue. C’est dans ce bâtiment à deux glaces que les amateurs pratiqueront leur sport jusqu’à l’incendie de 2007.


Si le curling a au début surtout rassemblé des joueurs anglophones, les francophones s’y sont rapidement intéressés. Par exemple en 1929, 36% des membres du club de curling de Grand-Mère étaient francophones. À Shawinigan, la proportion est de 26% en 1929. En 1938 en Mauricie, les francophones représentent 64% des joueurs. La Mauricie est la région du Québec où les joueurs francophones sont les plus nombreux.


Les femmes s’intéressent aussi au curling. À Grand-Mère les premières parties pour les femmes ont lieu dès 1924. Les tournois mixtes ne commencent à Grand-Mère qu’en 1947. Shawinigan aura aussi son Shawinigan Ladies Curling Club.


Le curling est également un sport d’entreprise. Les usines seront nombreuses à mettre sur pied leurs propres équipes. Ce sport devient rapidement un sport de compagnie très prisé.

Sources :
Articles de journaux :
Shawinigan Standard
https://news.google.com/newspapers?nid=698&dat=19540512&id=tSAuAAAAIBAJ&sjid=2UIDAAAAIBAJ&pg=1815,6740351&hl=fr
https://news.google.com/newspapers?nid=698&dat=19480407&id=8d9TAAAAIBAJ&sjid=2okDAAAAIBAJ&pg=1879,1085741&hl=fr
https://news.google.com/newspapers?nid=698&dat=19530610&id=2dwJAAAAIBAJ&sjid=2UIDAAAAIBAJ&pg=1774,2090240&hl=fr
Site de Radio-Canada : http://ici.radio-canada.ca/regions/mauricie/2007/12/10/001-incendie-curling-grand-mere.shtml
DORION, Marie-Josée, «Cadres et techniciens à Shawinigan, de 1914 à 1945 : évolution sociale d’un groupe professionnel» : http://depot-e.uqtr.ca/5110/1/000623587.pdf
LAROCHELLE, Fabien, Shawinigan depuis 75 ans, Shawinigan, 1976, 747 pages.
MESSIER, Hélène, dir.,Grand-Mère rétro, Grand-Mère, 1978
RICHARD, Pierre, «Une histoire sociale du curling au Québec, de 1807 à 1980» : http://depot-e.uqtr.ca/1998/1/000132167.pdf


VOYAGER EN AUTOBUS AVEC CLASSE

17 novembre 2015

Par Claudine Drolet

  


Source : Route de Ste-Flore, 1er juillet 1938, Fonds de la bibliothèque Hélène B.Beauséjour, Ville de Shawinigan.

 

Les routes cabossées du printemps et les travaux routiers de la période estivale en font rager plusieurs. Quand on se compare, on se console. Au début de son existence, la Ville de Shawinigan était loin d’avoir des routes aussi belles et aussi praticables.

 

Au début du 20e siècle, la ville est encore toute jeune et les liens routiers vers l’extérieur peu nombreux et difficilement praticables. Il s’agit essentiellement de routes de terre. Malgré tout, les gens doivent se déplacer et les services de transport en commun s’organisent.

 

À Grand-Mère le premier autobus arrive en 1919. Il s’agissait d’un modèle de la marque Bethleen. Doté d’une carrosserie en bois, il devait être démarré à l’aide d’une manivelle. Les roues étaient garnies de pneus durs qui ne contenaient pas d’air, ce qui évitait les crevaisons. Une particularité bien pratique sur les rues cahoteuses et non pavées.

 

L’autobus de Grand-Mère faisait la liaison jusqu’à Trois-Rivières. Le chauffeur vendait les billets et le prix de ceux-ci variait…selon la classe que l’on choisissait. Ainsi à bord du même véhicule, on pouvait voyager en première, en deuxième ou en troisième classe.

 

Qu’est-ce qui différenciaient les classes de voyageurs? L’histoire devient ici fort intéressante. Comme les routes étaient difficilement praticables. L’autobus qui passait par la côte Cachée s’enlisait fréquemment à cet endroit. Les passagers de la troisième classe descendaient de l’autobus pour pousser, ceux de la deuxième classe descendaient de l’autobus et en profitaient pour se dégourdir les jambes et ceux de la première classe…. pouvaient restaient confortablement assis dans leurs sièges. Ce n’était pas parce qu’on voyageait en autobus qu’on ne pouvait pas le faire avec classe….

 

Le service d’autobus de Grand-Mère aura une durée de vie assez courte puisqu’il est vendu à 1922 aux frères Carier. Carier et Frère Limitée deviendra une entreprise importante à Shawinigan. Ce service de transport desservira toute la Mauricie pendant plusieurs années avant de disparaître en 1970. 

 

 

Sources :
LAROCHELLE, Fabien, Shawinigan depuis 75 ans, Shawinigan, 1976, 747 pages.
MESSIER, Hélène, dir.,Grand-Mère rétro, Grand-Mère, 1978
Société d’histoire d’autobus du Québec :
http://www.histoireautobusquebec.com/index.php?option=com_content&view=article&id=189:autobus-carier-a-frere-ltee&catid=16:cie-operateurs&Itemid=34

 


SHAWINIGAN ATTAQUÉE PAR LES FELQUISTES

19 octobre 2015

Par Claudine Drolet



Source : Société d’histoire militaire mauricienne (2008). Le bâtiment était situé au coin de la rue Trudel et du boulevard Royal.

 

Il y a 45 ans le Québec était secoué par la crise d’octobre. Une crise qui se préparait déjà depuis quelques années. Au cours des années 1960 le Front de libération du Québec et les ailes du FLQ soient l’Armée de libération du Québec et l’Armée révolutionnaire du Québec ont multiplié les actions et les coups d’éclat. Et Shawinigan a fait partie des cibles des felquistes.

 

De 1963 à 1970, les membres du FLQ vont commettre 200 crimes violents un peu partout au Québec. Ces crimes sont variés : vols, attentats à la bombe, braquages de banque. Les bâtiments fédéraux et les casernes militaires font partie des cibles privilégiées des felquistes. C’est dans ce contexte que Shawinigan va devenir le théâtre d’une attaque de l’Armée de Libération du Québec (ALQ), une branche du FLQ.

 

En 1964, les membres de ALQ procèdent à une série de vols d’armes  assez spectaculaires dans des casernes militaires. Le 30 janvier 1964, ils s’attaquent à la caserne des Fusilliers du Mont-Royal. Ils se présentent à la caserne tôt le matin et maîtrisent le veilleur de nuit. Ils ligotent aussi les huit autres employés présents avant de s’emparer d’un nombre important d’armes militaires, dont une soixantaine de carabines semi-automatiques, 34 mitraillettes,  trois lance-roquettes et 15 appareils émetteurs-récepteurs. Le tout est d’une valeur de 22 000$.

 

Le 15 février 1964, c’est la caserne de Rouyn-Noranda qui reçoit la visite des felquistes. Ils s’emparent de quatre fusils-mitrailleurs et de cinq mitraillettes, un vol plus modeste.

 

Le 20 février 1964, l’Armée de libération du Québec frappe à Shawinigan et s’attaque au 62e Régiment d’artillerie de campagne. À 7h45 du matin, ils arrivent à la caserne et en repartent trois heures et demie plus tard avec deux camions chargés de matériel. Un vol audacieux commis en plein jour dans une caserne occupée. Trois personnes sont ligotées par les voleurs soient le commissionnaire Octave Heppel, le capitaine Jacques Joinville et l’adjudant Claude Barbier. Les voleurs s'emparent de 33 fusils-mitrailleurs, de pistolets, de 12 appareils émetteurs-récepteurs, d’uniformes de combats, de balles et même de casques bleus utilisés pour les missions de l’ONU. La valeur des biens volés est estimée à 25 000$. De plus, les felquistes ont entièrement saboté le poste de communication. Le vol a été facilité grâce à Robert Hudon, un jeune électricien de 20 ans et membre fondateur du commando de l’Armée de libération du Québec, qui s’était fait engager comme instructeur à la caserne de Shawinigan une semaine avant le vol.

 

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Le 27 février, un vol de 9000$ est commis dans une caisse populaire de Shawinigan par un groupe de felquistes.

 

Les felquistes ne resteront pas longtemps en possession des armes volées dans les casernes. Le 9 avril 1964, un vol dans une banque de Mont-Rolland mène à l’arrestation de trois militants. Un reçu de location trouvé sur eux mène les policiers à un garage loué où ils retrouvent certaines des armes dérobées dans les casernes du Québec. L’enquête permettra de découvrir plusieurs caches et de retrouver les armes volées. 8 personnes sont arrêtées dont Robert Hudon. Malgré les arrestations et les raids des policiers, le mouvement felquiste poursuivra ses activités jusqu’à ce que la violence culmine avec la crise d’octobre 1970. Même si c’est à Montréal que l’armée canadienne débarqua en renfort, Shawinigan aura elle aussi été touchée par les actions des felquistes.

 

Sources :


Archives de Radio-Canada :

 http://archives.radio-canada.ca/guerres_conflits/desordres_civils/dossiers/81/

BELLEMARE, Jean-Jacques, 60 ans d’artillerie en Mauricie, Shawinigan, Publicité Pâquet, 1996, 122 pages.

CHAMBERLAND, Paul, « 1837-1963 », Liberté, vol. 7, n° 1-2, (37-38) 1965, p. 50-63 : https://www.erudit.org/culture/liberte1026896/liberte1027210/30021ac.pdf

CÔTÉ, Robert, « « Opération casernes 1964 » Le vol d’armes chez les Fusilliers Mont-Royal, le 30 janvier 1964 », La Grenade, numéro 14, décembre 2014, p.19-23. Disponible en ligne : http://www.lesfusiliersmont-royal.com/wp-content/uploads/2014/12/Grenade14_web.pdf

Encyclopédie canadienne :  http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/crise-doctobre/

FOURNIER, Louis, F.L.Q. Histoire d’un mouvement clandestin, 1982, Éditions Québec/Amérique, 509 pages. Ouvrage numérisé dans le cadre du projet « Les Classiques des sciences sociales » et disponible en ligne

Journal des débats de l’Assemblée nationale 20 février 1964

Journal des débats de l’Assemblée nationale  10 avril 1964

 


LES POMPIERS SONT DE RETOUR AU BERCAIL

25 septembre 2015

Par Claudine Drolet

 


 Source : Hydro-Québec, Fonds Shawinigan Water and Power F01_700956_25001-1

 

Les résidents du quartier Saint-Marc peuvent observer depuis plusieurs mois l’évolution des travaux de restauration et d’agrandissement de la caserne Champlain. Aussi nommé poste d’incendie no 2, le bâtiment est la seule caserne de pompiers classée immeuble patrimonial par Québec.


Le poste d’incendie et de police numéro deux a été construit en 1921 et n’accueillait plus de pompiers depuis 2002. Le poste d’incendie no 2 a été classé par le ministère de la Culture et des Communications en octobre 2012.


La caserne no 2 est l’un des derniers vestiges des premiers édifices publics de Shawinigan. Le premier hôtel de ville, la caserne no 1 et le marché public ont tous été remplacés par des bâtiments plus modernes. Cette caractéristique fait de la caserne no 2 un bâtiment exceptionnel.


La caserne est du style beaux-arts et a été conçue selon les plans de l’architecte Ernest A.Labelle qui a aussi réalisé les plans de la caserne no 1 qui était située sur la 5ème rue au centre-ville. Les deux casernes étaient d’ailleurs très similaires.


La construction de la caserne s’inscrit dans le mouvement d’organisation de la ville. Au début du vingtième siècle, Shawinigan est encore une ville toute jeune. L’économie roule à plein régime, les usines prospèrent et la ville s’organise. Shawinigan se dote de son premier hôtel de ville en 1902. Le bâtiment loge aussi la caserne de pompiers, le service de police, la prison et les chevaux du service d’incendie.


Le premier marché de Shawinigan est aussi construit en 1902. Il se trouvait à l’emplacement de la place du Marché qui porte donc bien son nom. L’édifice en brique abritait au deuxième étage une salle de spectacles d’une capacité de 500 personnes. Ce bâtiment fut démoli en 1920 pour construire le poste de police no 1.


Le marché demeura actif à cet endroit jusque dans les années 1960. Les étals étaient installés à l’extérieur jusqu’en 1939, année où un nouveau bâtiment fut construit pour accueillir les marchands. En 1965, le marché et le poste de police no 1 furent démolis pour permettre la construction d’un commerce grande surface. Le premier hôtel de ville de Shawinigan passe sous le pic des démolisseurs dans les années 1940 et il est remplacé par l’édifice actuel en 1946.


La disparition des premiers édifices publics de Shawinigan donne encore plus de valeur à la caserne Champlain. Le bâtiment conçu pour les chevaux n’avait pas la capacité de supporter le poids des camions de pompiers modernes qui de toute façon étaient trop massifs pour passer les portes du garage de la caserne. Grâce aux travaux de restauration et d’agrandissement, la caserne Champlain peut de nouveau accueillir des pompiers. Bon retour aux sources!

Sources :


Répertoire du patrimoine culturel du Québec : http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=93292&type=bien#.VgV6E8t_NBd

HARDY, René et Normand Séguin, dir, Histoire de la Mauricie, Québec, Presses de l’Université Laval, coll. Les régions du Québec, 2004, 1144 pages.
LACOURSIÈRE, Jacques, Shawinigan, cent ans d’histoire, Shawinigan, Les Éditions des Glanures, 2001, 326 pages.
LAROCHELLE, Fabien, Shawinigan depuis 75 ans, Shawinigan, 1976, 747 pages.
LAROCHELLE, Fabien, Histoires de Shawinigan, Shawinigan, 1988, 345 pages.




 

UN PEU D'ÉCOSSE À GRAND-MÈRE
10 août 2015

Par Claudine Drolet

 

«The golf house», année non-déterminée, Fonds de la Bibliothèque Hélène B. Beauséjour, Ville de Shawinigan

 

Vous êtes sans doute nombreux à profiter de l’été pour pratiquer le golf dans un des nombreux clubs de la région. Les amateurs qui fréquentent le club de golf de Grand-Mère peuvent toutefois se vanter de s’évader un peu plus que les autres. Le gazon qui se trouve sous leurs pieds vient tout droit d’Écosse. Du célèbre club de golf St-Andrews pour être plus précise.


Le club de golf de Grand-Mère voit le jour grâce à l’initiative de George Chahoon, directeur puis président de l’usine Laurentide. Pendant des années, la Laurentide restera propriétaire du club de golf de Grand-Mère jusqu’à sa vente en 1988 à une compagnie formée par Jean Chrétien et deux autres hommes d’affaires de Grand-Mère. Les trois hommes d’affaires achètent du même coup l’Auberge Grand-Mère qui sera revendue en 1993. Jean Chrétien vendra également ses actions du Golf de Grand-Mère, une transaction qui sera scrutée à la loupe lors du Shawinigate.


Le club de golf de Grand-Mère est fondé en 1910. En 1912, George Chahoon engage l’architecte paysagiste Frederick de Peyster Townsend pour aménager le club de golf de la compagnie. L’architecte paysagiste asséchera aussi le marais situé à côté de l’Assembly Hall (aujourd'hui Maison de la culture Francis-Brisson) et du Club Laurentide et le transformera en parc qui portera le nom de parc Forman. Il aménagera aussi le Union Cemetery de Grand-Mère. Marié à Katherine Jermain, une riche héritière américaine, et originaire de Buffalo dans l’état de New York, Frederick de Peyster Townsend faisait partie de la première cohorte d’Harvard en architecture paysagère. Sa femme reçut en héritage de son père un immense domaine sur les rives du lac Otsego dans l’état de New York. De 1915 à 1920, Frederick de Peyster Townsend entreprit d’aménager ce domaine, le Brookwood Garden, qui est aujourd’hui ouvert au public.


De type écossais, le club de golf de Grand-Mère est réputé pour ses vallons. Mais le golf n’a pas d’éc
ossais que le style. Lors de la construction du site, Frederick de Townsend Peyster importe le gazon du club de golf St-Andrews en Écosse, le plus ancien club de golf au monde et l’un deplus réputés. Le travail de l’architecte sera par la suite complété par Walter J.Travis, un Australien d’origine et Américain d’adoption qui combinait les expertises de golfeur, journaliste et architecte de terrain de golf. Le soin porté à l’aménagement du site de Grand-Mère en fait un club de golf couru par des membres distingués dès le tout début. Le club de Grand-Mère est aussi l’un des plus anciens au Canada. Les raisons ne manquent donc pas pour aller y faire un tour lors d'une prochaine belle journée d’été ou d'automne.




Sources :


Répertoire des biens culturels du Québec : http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=26553&type=pge#.VcEFAvl_NBc
Répertoire des biens culturels du Québec : http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=202007&type=bien#.VcEKY_l_NBc
Brookwood Garden : http://www.catskillmtn.org/guide-magazine/articles/2005-06-brookwood-garden-and-horticultural-center.html
Shawinigate : http://archives.enap.ca/bibliotheques/2008/02/030017502.pdf
Walter J.Travis : http://travissociety.com/
CLOUTIER, Michel, Les intrépides…les dessous étonnants de l’histoire de Grand-Mère!, Scribe, Shawinigan, 1996, 324 pages.
DESCHAMPS, Philippe, et al., La Grand-Mère se raconte, Grand-Mère, Projet de Perspective jeunesse, 1973, 272 pages.
Équipe du centenaire de Grand-Mère, Les 100 ans de Grand-Mère 1898-1998, Grand-Mère, 1997, 267 pages.



 

SHAWINIGAN, UNE DESTINATION TOURISTIQUE DEPUIS LES TOUTS DÉBUTS

 

14 juillet 2015

Par Claudine Drolet


Shawinigan Falls, Pinsonneault, BAnQ

 

La Ville de Shawinigan mise beaucoup sur le tourisme pour développer son économie. Mais saviez-vous que c’est aussi le tourisme qui l’a vue naître et ce, avant même l’arrivée des industries et la fondation de la ville?

 

D’une hauteur de 44 mètres, les chutes de Shawinigan sont parmi les plus impressionnantes de la rivière Saint-Maurice. Dès 1850, bon nombre de visiteurs viennent admirer la puissance et la beauté des chutes de Shawinigan dont la renommée s’étend au-delà de la région et même du Québec. Plusieurs peintres européens et photographes canadiens de grand talent se déplacent sur les lieux pour y exercer leur art. 

 

Le site est si majestueux que les investisseurs flairent vite la bonne affaire. Sur le site actuel du parc des Chutes, dans un territoire alors inhabité et difficile d’accès, germe dans la tête d’un visionnaire, le député de Saint-Maurice et maire de Trois-Rivières Joseph-Édouard Turcotte, le projet d’y construire un hôtel.

 

En 1857, il entreprend la construction d’un grand hôtel de quatre étages, appelé le Château Turcotte. Ce projet d’envergure en pleine forêt ne pouvait réussir sans la construction d’un chemin de fer pour en faciliter l’accès. N’oublions pas que nous nous trouvons alors en pleine forêt dans un lieu qui n’est accessible par aucune route.

 

Joseph-Édouard Turcotte crée une compagnie pour construire le chemin de fer et obtient à cette fin la promesse d’un investissement du gouvernement britannique. Mais ce financement ne se concrétisera pas et la construction de l’hôtel resta inachevée. Il ne fut jamais ouvert aux visiteurs. Le bâtiment deviendra tout de même une attraction touristique jusqu’à ce qu’il soit frappé par la foudre et détruit par un incendie en 1878, plus de 20 ans avant la fondation de la Ville de Shawinigan. L’historien Benjamin Sulte a décrit le Château Turcotte comme étant composé de vastes salles, d’escaliers immenses et de doubles galeries.

 

Un autre hôtel, beaucoup moins imposant toutefois, vit le jour sur le site des chutes de Shawinigan. L’hôtel Mailhot fut construit par Henri-Gédéon Mailhot, un autre maire de Trois-Rivières. L’hôtel Mailhot fut  lui aussi détruit par les flammes en 1906. Certains racontent que la tenue d’activités condamnées par le clergé à l’hôtel Mailhot, les danses notamment, entraîna les foudres de Dieu et la destruction du bâtiment par le feu. Une légende que l’on retrouve sous différentes formes dans plusieurs régions du Québec et dont il est impossible de retracer l’origine à Shawinigan.

 

Après la fondation de Shawinigan, de nombreux hôtels furent construits pour accueillir les travailleurs et les visiteurs. Parmi les plus connus, mentionnons le Cascade Inn, l’hôtel Shawinigan, l’hôtel Vendôme et le Laurentide Inn devenu plus tard l’Auberge Grand-Mère. La tradition touristique de Shawinigan se poursuit. 150 plus tard, les chutes et la rivière Saint-Maurice demeurent sa meilleure carte de visite.

Sources :


Chutes Shawinigan, Étude historique et aménagement touristique du site, Shawinigan-Sud, 31 août 1971, travail de Perspective Jeunesse présenté au Gouvernement fédéral par Claude Pinard, Claude Darveau, Robert Bourque, Michel Pratte, Denis Lavergne, André Grégoire, Pierre Leclair, Robert Jacques et Lucette Rousseau, 183 pages.
COSSETTE, Sylvie et al, Shawinigan-Sud : une histoire entre nous, Shawinigan-Sud, 1984, 324 pages.
DUBERGER, Jean, Le diable à la danse, Québec, Presses de l’Université Laval, 2006, 248 pages.
HARDY, René et Normand Séguin, dir, Histoire de la Mauricie, Québec, Presses de l’Université Laval, coll. Les régions du Québec, 2004, 1144 pages.
LACOURSIÈRE, Jacques, Shawinigan, cent ans d’histoire, Shawinigan, Les Éditions des Glanures, 2001, 326 pages.
LAROCHELLE, Fabien, Shawinigan depuis 75 ans, Shawinigan, 1976, 747 pages.
LAROCHELLE, Fabien, Histoires de Shawinigan, Shawinigan, 1988, 345 pages.


 

FÊTER LA SAINT-JEAN-BAPTISTE... SUR UN DÉPOTOIR

22 juin 2015

Par Claudine Drolet

 La piscine, 1er juillet 1938


 Source : Bibliothèque Hélène-B.-Beauséjour, Ville de Shawinigan

 

Vous serez nombreux encore cette année à participer à la traditionnelle fête de la Saint-Jean-Baptiste au parc de la Rivière-Grand-Mère. Saviez-vous que sous vos pieds se trouvent les vestiges d’un ancien dépotoir?


Tout près de l’actuel parc de planche à roulettes, où se trouvait anciennement la vespasienne (chalet de la piscine), on pouvait voir toutes sortes d’ordures, dont de la ferraille et des déchets ménagers. Juste à côté, sur l’emplacement de l’ancienne piscine, on retrouvait aussi un abattoir, établissement fort utile pour les fermiers de Grand-Mère qui venaient faire abattre leurs bêtes. 


Le site attirait bien entendu de la vermine de toute sorte, dont des rats, ce qui posait un problème de salubrité. En réaction aux plaintes des citoyens, la ville de Grand-Mère remédia à la situation. Elle fit d’abord recouvrir le dépotoir de terre. Elle acquit également l’abattoir et le détruisit. Puis la ville transforma ce lieu en parc. Cette transformation eut lieu de 1930 à 1935, en pleine crise économique. On éleva d’abord les rives de la rivière et on construisit un bassin entouré de murets de pierre. On construisit ensuite l’escalier qui donne accès à la quatrième rue et le petit pont de pierres qui enjambe la rivière Grand-Mère. Ce pont serait une réplique d’un pont écossais. La municipalité construisit aussi la piscine et la vespasienne durant cette période grâce au programme de subventions pour l’aide aux chômeurs.


Grâce à des subventions des gouvernements provinciaux et fédéraux, les municipalités ont pu engager de nombreux chômeurs pour réaliser de grands travaux durant la crise économique des années 1930. De nombreux sites incontournables de Shawinigan ont d’ailleurs vu le jour grâce à ce programme. Mentionnons la construction d’un nouvel aqueduc, de l’hôpital Sainte-Thérèse, de la promenade du Saint-Maurice et de l’aréna Jacques Plante (devenu depuis un immeuble de bureaux). Le bain municipal aménagé sur le bord de la rivière Saint-Maurice et la vespasienne du parc Saint-Maurice ont aussi été construits grâce au programme de travaux publics pour aider les chômeurs. Le projet du parc Saint-Marc, de la piscine et de la vespasienne a également été initié par ce programme, même s’il a été réalisé au début de la Deuxième Guerre mondiale.


Cette année, la célébration de la fête de la Saint-Jean-Baptiste au parc de la Rivière-Grand-Mère en sera à sa 73e édition. On y célèbre donc la fête nationale pratiquement depuis la création du parc. La configuration du parc, qui est un véritable amphithéâtre naturel, facilite l’accueil de telles célébrations. Le feu de joie et les feux d’artifice de la Saint-Jean-Baptiste sont un incontournable. Et la foule est au rendez-vous. De quoi oublier le premier usage du site qui était beaucoup moins glorieux.

 
Sources : 

 

 

LACOURSIÈRE, Jacques, Shawinigan, 100 ans d’histoire : De l’effervescence au renouveau, Les Éditions des Glanures, 2001, 326 p.
MESSIER, Hélène, dir.,Grand-Mère rétro, Grand-Mère, 1978 
Équipe du centenaire de Grand-Mère, Les 100 ans de Grand-Mère 1898-1998, Grand-Mère, 1997, 267 pages. 
GAUTHIER, Vincent, «Fête nationale : un succès…en différé à Grand-Mère», Le Nouvelliste, 26 juin 2014 : http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/actualites/201406/26/01-4778928-fete-nationale-un-succes-en-differe-a-grand-mere.php
TRÉPANIER, Paul. "Grand-Mère". Continuité, vol. 49,1991, p. 46 à 52.: http://www.erudit.org/culture/continuite1050475/continuite1052191/17786ac.pdf
Le Musée canadien de l’histoire, «La grande crise économique» :  http://www.historymuseum.ca/cmc/exhibitions/hist/medicare/medic-2c01f.shtml

 

 

 


 

COMMENT SHAWINIGAN CONTRIBUA À VAINCRE LES NAZIS…?
8 mai 2015

Par Claudine Drolet

  

Un ouvrier consigne une donnée à l'intérieur de l'usine de la Shawinigan Chemicals and Defence Industries, juillet 1941

 

Source : Collection de l’Office national du film du Canada, Bibliothèque et Archives Canada, e000760601

 

Lorsque la Deuxième Guerre mondiale se déclenche en 1939, Shawinigan est une ville industrielle bien établie. Déjà lors de la Première Guerre mondiale, les usines de Shawinigan avaient été appelées à soutenir l’industrie de guerre. C’est notamment le cas de l’industrie chimique qui a connu une expansion importante durant la Première Guerre mondiale. L’usine encore toute jeune en 1914 a notamment fabriqué des explosifs.


L’expertise shawiniganaise fut de nouveau recherchée en 1939. Au cours des 20 années qui avaient suivi la fin de la Première Guerre mondiale, la ville avait grandi et ses industries étaient encore plus nombreuses. Shawinigan est rapidement devenue un joueur clef dans la guerre contre les nazis.


Encore une fois, les usines chimiques furent sollicitées. On fabriqua à Shawinigan de nombreux produits à des fins militaires : de la poudre pour les écrans de fumée utilisés par les avions et les navires de guerre, des explosifs et des tissus à l’épreuve de l’eau. La CIL fabriqua entre autres du cellophane destiné à l’emballage des rations des soldats au front. Jusqu’à 70% de la production de l’usine fut consacrée à l’industrie de guerre.


Durant le conflit, la demande pour l’aluminium est telle, qu’Alcan construit quatre nouvelles usines, dont celle de Shawinigan, la plus imposante des quatre. Ce bâtiment est érigé en 1941 et lance sa production en 1942. L’aluminium fabriqué à Shawinigan sert à la production de munitions et de pièces d’avion, mais aussi à de nombreux autres usages comme la fabrication de détonateurs et de radios.


Shawinigan possède aussi sa propre usine de munitions, la Poudrière au Lac-à-la-Tortue. Cette usine, née de la collaboration de la Shawinigan Chemicals et des Industries de la Défense, fabrique un explosif appelé RDX, qui est 40 fois plus puissant que le TNT. Près de 15 000 tonnes de cet explosif furent fabriquées dans cette usine dont les mesures de sécurité étaient très strictes. La majorité de la main-d’œuvre était féminine. La Belgo fabriqua pour sa part du carton pour les cartouches de munition.


Les usines de ce qui est alors la Ville de Grand-Mère ne sont pas en reste. À la Grand-Mère Knitting, on fabrique les bérets des soldats canadiens. Seulement deux usines au Canada produisent ce couvre-chef. L’autre fabricant est situé à Toronto. L’usine grand-méroise fabrique aussi des gants kaki pour les soldats et fournit à elle seule 50% des besoins de l’armée pour cette production.


L’effort de guerre ne se limite pas aux usines, les ménagères sont appelées à récupérer, soutenir les soldats et contribuer aux bons de la Victoire. Un an avant la fin de la guerre, à la mi-juillet 1944, les Shawiniganais avaient déjà acheté plus de 10 millions 600 000 dollars en bons de la Victoire. Cet argent allait directement au financement de la guerre.
Les citoyens de Shawinigan restés au pays se sont retroussé les manches durant la Deuxième Guerre mondiale. Grâce à leur travail et leur dévouement, ils ont contribué à la victoire des Alliés sur les Nazis et à la libération de l’Europe le 8 mai 1945, il y a maintenant 70 ans.

 

Sources :

BELLAVANCE, Claude, Shawinigan Water and Power 1898-1963 : Formation et déclin d’un groupe industriel du Québec, Montréal, Boréal, 1994, 446 p.
FORTIER, Robert, dir., Villes industrielles planifiées, Montréal, Boréal, 1996, 320 p.
HARDY, René et SÉGUIN, Normand, Histoire de la Mauricie, Québec, Presses de l’Université Laval, coll. Histoire des régions, 2004, 1137 p.
LACOURSIÈRE, Jacques, Shawinigan, 100 ans d’histoire : De l’effervescence au renouveau, Les Éditions des Glanures, 2001, 326 p.
LAROCHELLE, Fabien, Shawinigan depuis 75 ans, 1900-1975, Cité de Shawinigan, 1976, 747 p.
Les cent ans de Grand-Mère, 1898-1998, Sainte-Foy, Forum commémoration, 1998, 267 p.
Centenaire Saint-Théophile-de-Lac-à-la-Tortue 1894-1994, Shawinigan, Club de l’âge d’or de Lac-à-la-Tortue, 1994, 342 p
Revue de la culture matérielle :
http://journals.hil.unb.ca/index.php/MCR/article/view/17868/22087
 



 

L’APPEL À L’AIDE DU TITANIC A ÉTÉ ENTENDUÀ GRAND-MÈRE

14 avril 2015

Par Claudine Drolet


 Source : Hérodote.net

 

Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, le Titanic sombra dans les eaux glacées de l’Atlantique entraînant dans la mort plus de 1500 personnes. Si le sort du désormais célèbre paquebot est bien connu, l’existence d’un lien entre cette tragédie et Shawinigan l’est beaucoup moins.

 

En 1912, la Ville de Grand-Mère fondée en 1898 est encore toute jeune. Parmi les dignitaires et premiers résidents de Grand-Mère se trouve le Docteur Joseph Onésime Honorius Ricard. Le parcours du Dr Ricard est fascinant. Médecin pratiquant à Sainte-Flore, il avait délaissé la pratique médiale pour se consacrer à d’autres passions avant de devoir reprendre du service à Grand-Mère durant l’épidémie de grippe espagnole de 1918.


Dès le début du 20e siècle, le Dr Ricard s’intéresse à la production d’électricité. Il fournira d’ailleurs la Ville de Grand-Mère à partir d’une centrale établie au moulin Beaupré à Sainte-Flore. Il fut aussi maire de Grand-Mère de 1935 à 1939. Le Dr Ricard nourrissait également une grande passion pour la radio amateur. Il est reconnu comme pionnier dans ce domaine dans la région. Son appareil T.S.F. pouvait capter les ondes courtes. À l’époque, peu de personnes possédaient un appareil de télégraphie sans fil dans la région, et le Dr Ricard échangeait beaucoup avec le curé Masson de Sainte-Thècle et avec le curé de Nicolet qui partageaient son passe-temps. Le Dr Ricard et le curé de Nicolet s’amusaient notamment à jouer de la musique sur les ondes via leurs appareils radio. Des concerts qui pouvaient être captés par les marins naviguant sur le Saint-Laurent.


Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, le Dr Ricard entendit d’étranges communications via son appareil à ondes courtes. Le Titanic qui venait de heurter un iceberg coulait dans l’Atlantique. Les appels à l’aide frénétiques du paquebot furent captés par le Dr Ricard chez lui à Grand-Mère. Le dernier SOS du Titanic fut envoyé à minuit 27 le 15 avril 1912. Le Dr. Ricard informa ses concitoyens de la tragédie le lendemain matin. Dès le 15 avril 1912, certains journaux font état de la tragédie, mais sa nature exacte et son ampleur ne seront révélées que dans les jours suivants.


Le luxueux paquebot a sombré à 640 kilomètres au sud-est de Terre-Neuve lors de son voyage inaugural. Le navire jugé insubmersible fut un géant aux pieds d’argile. Il heurta un iceberg à 23h40 le 14 avril et coula en trois heures. Seulement 700 passagers furent rescapés et 1500 périrent. Pendant que cette tragédie se déroulait à plusieurs centaines de kilomètres des côtes canadiennes, un docteur de Grand-Mère passionné de radio amateur écoutait impuissant les appels à l’aide de l’équipage.


Sources :

 

Archives de Radio-Canada :http://ici.radio-canada.ca/sujet/100titanic
LACHAPELLE, Judith, «Titanic : un «scoop» montréalais», La Presse, 14 avril 2012 : http://www.lapresse.ca/international/dossiers/le-titanic-il-y-a-100-ans/201204/14/01-4515364-titanic-un-scoop-montrealais.php
LAWLESS-LACROIX, Florence, Quand Grand’Mère était jeune, publication à compte d’auteur, Shawinigan, 1999, 403 pages.
MESSIER, Hélène, dir.,Grand-Mère rétro, Grand-Mère, 1978


 

LE DIABLE À LA BIBLIOTHÈQUE

23 mars 2015

Par Claudine Drolet


 

Une visite à la bibliothèque est toujours prétexte à des découvertes, mais parfois certaines sont plus surprenantes. Dans les années 1960 à Grand-Mère, on trouvait à la bibliothèque un rayon du diable.


La bibliothèque municipale de Grand-Mère voit le jour en 1967 au second étage de l’école Sacré-Cœur. C’est dans cette bibliothèque qu’on retrouve un rayon du diable. Ce rayon regroupe les livres mis à l’index par l’Église catholique et sa consultation est réservée aux personnes d’âge majeur.


La bibliothèque de Grand-Mère était loin d’être la seule à posséder son rayon du diable. Jusqu’en 1966, l’Église catholique alimentait une liste officielle sous le nom Index Librorum Prohibitorum. Cette liste comprenait les livres qui allaient à l’encontre de la doctrine de l’Église, soit au niveau des mœurs, ou encore des idées. Plusieurs bibliothèques possédaient un rayon du diable ou une section enfer. Quels livres pouvait-on trouver dans un rayon du diable?


La pratique de mettre les livres à l’index n’était pas récente, la liste était donc longue : l’encyclopédie de Diderot, les contes érotiques de Jean de La Fontaine, Voltaire, Descartes, Victor Hugo, Émile Zola, André Gide, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, etc. Au Québec, le roman Les demi-civilisés de Jean-Charles Harvey et le roman Marie Calumet font partie des ouvrages mis à l’index.


À la fin des années 1960, les choses changent. Avec le concile Vatican-2, l’Église catholique abolit officiellement l’index. Mais le contrôle moral de l’Église reste fort. Toutefois, on peut penser que les livres classés dans le rayon du diable de Grand-Mère ont rapidement trouvé leur place au sein des autres ouvrages de la bibliothèque. Il n’est toutefois pas fait mention du moment où ce rayon cessa d'exister ni des titres qu’il contenait.


Après deux ans à l’école Sacré-Cœur, la bibliothèque municipale de Grand-Mère déménage dans l’ancienne Banque de Montréal en 1969, juste à côté du Rocher de Grand-Mère. Elle restera dans ce bâtiment jusqu’au déménagement dans l’immeuble actuel au coin de la 8e rue et de la 6e avenue.

  

Sources :


MESSIER, Hélène, dir.,Grand-Mère rétro, Grand-Mère, 1978
Équipe du centenaire de Grand-Mère, Les 100 ans de Grand-Mère 1898-1998, Grand-Mère, 1997, 267 pages.
LAFOND, Pierrette, « Sous la couverture : le livre à l’index, objet de censure. Analyse et typologie », Revue de la culture matérielle, vol. 66, automne 2007 http://journals.hil.unb.ca/index.php/MCR/article/view/18099/19434

Article La Presse : http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/zone/zone-musee-de-la-civilisation/201402/01/01-4734789-romans-oses-a-lindex.php

Article Le Devoir : http://www.ledevoir.com/culture/livres/399089/au-royaume-des-ouvrages-interdits

Bibliothèque de Montréal

Institut Canadien de Québec

 

 


 

QUI ÉTAIT JOHN JOYCE? - DE LA SHAWINIGAN WATER AND POWER JUSQU'À LA COMPAGNIE DE RASOIRS GILETTE...
27 février 2015
Par Claudine Drolet

 

 

   

 

Source : Archives d'Hydro-Québec


Né en Irlande en 1848, John Joyce immigra aux États-Unis à l’âge de 14 ans avec ses parents. Il travaille dans l’industrie textile et apprend même le métier de chapelier. Il devient ensuite un partenaire d’affaires de Maurice J. Curran dans une entreprise d’embouteillage. En 1877, John Joyce est connu comme embouteilleur à Andover au Massachusetts. Sa compagnie fabriquait du soda et du soda au gingembre (ginger ale) et faisait aussi l’exportation d’alcool.

Homme d’affaires averti, John Joyce devint l’un des capitalistes les plus importants du 20e siècle aux États-Unis. En plus d’être l’un des fondateurs de la Shawinigan Water and Power, il investira dans la compagnie d’un certain King Gilette, inventeur d’un nouveau rasoir sécuritaire. John Joyce sera par la suite vice-président de la compagnie Gillette que l’on connaît encore aujourd’hui. Il a également investi dans plusieurs compagnies de gaz de la région de Boston, en plus de diriger de nombreuses entreprises, dont une compagnie d’assurance. Il sera aussi vice-président de la Harvard Brewing Company, une entreprise d’embouteillage située à Lowell au Massachusetts, une ville aussi connue pour avoir accueilli de nombreux Canadiens français venus travailler dans les usines textiles.

De jeune immigrant irlandais, John Joyce est devenu un homme d’affaires millionnaire. Alors qu’il était encore petit, il aurait déclaré que s’il devenait millionnaire, il se ferait construire un château comme celui dans son village natal en Irlande. En 1912, il entreprend la construction de ce château à Andover au Massachusetts. Dessiné par l’architecte Lewis F. Dey, ce bâtiment comprenait 22 pièces, dont cinq salles de bain, de nombreuses cheminées et plusieurs moulures et panneaux de bois. Le manoir avait aussi un garage qui pouvait accueillir 6 voitures. John Joyce emménage en 1913, mais il ne profitera pas longtemps de son manoir, puisqu’il meurt en 1917.

Sa maison fut par la suite démolie et il ne reste aujourd’hui que le garage qui fut converti en résidence. Ce bâtiment est situé sur la rue Joyce Terrace à Andover. John Joyce a donc laissé sa marque puisqu’une rue porte son nom dans cette ville du Massachusetts. Et il pourrait bientôt avoir sa rue à Shawinigan également. Dans le cadre de la campagne d’harmonisation, la Ville de Shawinigan propose de remplacer la première rue au centre-ville de Shawinigan par la rue Joyce. Les nouveaux noms seront adoptés avant le début de l’été 2015.

Sources :


BELLAVANCE, Claude, Shawinigan Water and Power : 1898-1963, Formation et déclin d’un groupe industriel au Québec, Les Éditions du Boréal, 1994, 446 pages.
HARDY, René et Normand Séguin, dir, Histoire de la Mauricie, Québec, Presses de l’Université Laval, coll. Les régions du Québec, 2004, 1144 pages.
LACOURSIÈRE, Jacques, Shawinigan, cent ans d’histoire, Shawinigan, Les Éditions des Glanures, 2001, 326 pages.
Site Andover Historic Preservation : http://preservation.mhl.org/8-joyce-tr

 


DU CELLOPHANE À SHAWINIGAN

28 janvier 2015
Par Claudine Drolet

 

Source : MESAR  

 

C’est à Shawinigan qu’est moulée la première feuille de cellophane au Canada le 14 avril 1932. Ce produit de plastique qu’on utilise encore couramment aujourd’hui est fabriqué pour la première fois à des fins de production de masse en 1924 à Buffalo aux États-Unis. Quelques années plus tard, la Canadian Industries Ltd. (CIL), filiale de l’Imperial Chemical Industries de Grande-Bretagne et de Dupont de Nemours des États-Unis se met à la recherche d’un site au Canada pour implanter son usine de cellophane qui assurera la production pour tout le pays. L’entreprise choisit Shawinigan et installe son usine sur le site de l’actuel magasin Wal-Mart.

 

En 1932, en pleine crise économique, l’entreprise engage des centaines d’employés. Elle procédera à un agrandissement en 1936. L’entreprise ouvre ensuite une deuxième usine sur le même site qui fabriquera de la soude caustique et du chloralcalis. Alors que les entreprises de Shawinigan souffrent gravement de la crise économique des années 1930, la CIL emploie 600 personnes pour la fabrication de cellophane, un baume pour l’économie locale. L’économie de guerre viendra augmenter la demande pour le cellophane. Les produits fabriqués à Shawinigan sont utilisés pour conserver la nourriture des soldats au front.

 

 

De 1944 à 1946, la demande pour le cellophane produit à Shawinigan augmente de 8%. La demande et donc la production continueront d’augmenter de façon constante jusqu’en 1955. L’usine qui comptait au départ une seule machine à moulage en compte maintenant six. Le site fabriquera d’autres produits durant la guerre dont de l’hexachlorethane qui servira à fabriquer de la poudre à écran de fumée. Cette usine sera reconvertie après la guerre pour la fabrication d’éponges cellulosiques. Une production qui sera abandonnée parce que non rentable.

 

L’entreprise fut un tel succès qu’elle compta jusqu’à 900 employés. En 1954, suite à une décision de la cour supérieure américaine dans un jugement anti-monopole, la compagnie E.U. DuPont dû se défaire de ses intérêts conjoints avec la CIL. Les deux usines de Shawinigan prirent alors des noms différents, la CIL et l’usine de cellophane de la DuPont.

 

 

L’entreprise shawiniganaise continua d’évoluer en fabriquant des emballages de cellophane qui permettaient de préserver la couleur de la viande. On développa ensuite des stratifiés qui permirent d’augmenter la durabilité de la pellicule. Les ingénieurs de l’usine s’attaquèrent aussi à la résistance aux graisses et à l’imperméabilité. Toutes ces innovations permirent de favoriser le transport de produits sur de plus grandes distances.

En 1977, l’usine de cellophane employait encore 480 personnes. Le 30 mars 1982, l’entreprise annonçait la fermeture de l’usine de Shawinigan, 50 ans après son ouverture. Les bâtiments de la DuPont ont été démolis dans les années 1980. Même si l’usine n’existe plus, il n’en demeure pas moins que c’est à Shawinigan que l’on fabriqua du cellophane pour la première fois au Canada.

 

Sources :

 

BELLAVANCE, Claude, Shawinigan Water and Power 1898-1963 : Formation et déclin d’un groupe industriel du Québec, Montréal, Boréal, 1994, 446 p.
FORTIER, Robert, dir., Villes industrielles planifiées, Montréal, Boréal, 1996, 320 p.
HARDY, René et SÉGUIN, Normand, Histoire de la Mauricie, Québec, Presses de l’Université Laval, coll. Histoire des régions, 2004, 1137 p.
«Les industries en Mauricie», Bertrand Picard éditeur, Anjou, 1977, 272 p.

 

 


BRASSERIE À SHAWINIGAN

19 décembre 2014
Par Claudine Drolet

 

 

Les brasseries sont loin d’être une nouveauté à Shawinigan. Bien avant l’arrivée du Broadway Pub et du Trou du diable, Shawinigan avait une expertise dans le domaine.
Shawinigan a été fondée en 1901 et dès 1906, on évoque une transaction dans le secteur des brasseries. M. Louis Chevalier achète la première brasserie de la Ville qui était jusqu’alors propriété de Gédéon Rousseau. Les commerçants avaient vite exploité le filon et développé des produits pour abreuver les travailleurs d’usines assoiffés. Cette microbrasserie était située sur la cinquième rue au centre-ville de Shawinigan. L’entreprise a ensuite été déménagée sur l’avenue Mercier avant de disparaître. Shawinigan comptait dès le début de son existence une deuxième brasserie, propriété de Victor Levasseur, qui a disparu elle aussi avant les années 1970.


Le bottin téléphonique de 1951 nous révèle beaucoup de choses sur l’existence des brasseries à Shawinigan. On y trouve une succursale de la Dow, de Molson, mais aussi la Black Horse Brewery. Remarquez également les embouteilleurs de liqueurs douces : Coca-Cola, Seven-Up, Radnor. 50 ans après ses débuts, l’industrie de la brasserie est encore bien vivante à Shawinigan.


Les amateurs de vin n’étaient pas en reste. En 1921, le gouvernement du Québec crée la Commission des Liqueurs du Québec, l’ancêtre de la Société des alcools du Québec. La nouvelle loi force les petits commerçants à se débarrasser de leurs stocks d’alcool, vin et spiritueux, puisque la Commission des liqueurs détenait désormais le droit de vente exclusif de ces produits. Résultat, Victor Levasseur, qui était aussi propriétaire d’un commerce de vente d’alcool, dû vendre à perte une cargaison qu’il venait tout juste de recevoir, afin d’écouler son stock avant l’entrée en vigueur de la loi. Dès mai 1921, Shawinigan avait son magasin de la Commission des liqueurs situé à l’angle de la rue de la Station et de la rue Cascades. Le magasin fut déménagé sur la cinquième rue en 1945. En 1941, la Société des alcools du Québec ouvre une deuxième succursale dans le quartier Saint-Marc. La succursale du centre-ville a fermé ses portes en 2011 pour être déménagée au Carré Trudel.


Les années 2000 ont marqué le retour des brasseries à Shawinigan. Le Trou du diable a été fondé en 2005 et depuis 2006, le Broadway Pub offre ses bières brassées ici. Pour notre plus grand plaisir!

Sources :


LAROCHELLE, Fabien, Shawinigan depuis 75 ans, Shawinigan, 1976, 747 pages.
LAROCHELLE, Fabien, Histoires de Shawinigan, Shawinigan, 1988, 345 pages.
Bottin de Trois-Rivières-Shawinigan 1951 (Archives personnelles de Mme Pierrette Poirier)
Article Hebdo du Saint-Maurice :
http://www.lhebdodustmaurice.com/Actualites/Fermeture-de-la-SAQ-du-centre-ville-210/date/
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20 ANS DE TRANSCENDANSE

11 novembre 2014

Par Claudine Drolet


Source : Transcendanse

 

 Le 21 septembre 1994, l’école de danse Transcendanse voyait le jour à Shawinigan. La propriétaire Annie Lafrenière offre d’abord ses cours dans un petit local des Halles de la Mauricie. 60 élèves s’inscrivent pour la première session de l’école. Dès le départ, les cours offerts s’adressent à une clientèle variée. Danse adaptée pour les personnes handicapées, danse maman, danse exercice et step.

 

L’école gagne rapidement en popularité et déménage en 1995 dans un plus grand local, toujours aux Halles de la Mauricie. 100 élèves sont inscrits pour cette deuxième année et de nouveaux cours s’ajoutent. Le 16 décembre, l’école présente son premier grand spectacle au Centre des Arts de Shawinigan. Un an plus tard, la Troupe Transcendance voit le jour.
En 2003, Annie Lafrenière remporte le trophée Éclair de Jeunesse pour le volet Jeune Employeur. L’année suivante, l’école fête son dixième anniversaire. En 2005, Transcendance aménage une salle de couture et un costumier. La mission d’économie sociale de l’organisme est reconnue.

En 2008 et 2009, Transcendance participe à de nombreux événements et présente plusieurs spectacles que ce soit au Grand Prix de Trois Rivières, au Mondial des amuseurs public, au Rendez-vous des peintres de Sainte-Flore et au défilé du Festival western de Saint-Tite notamment. 

En 2010, l’école se porte acquéreur de l’ancienne bâtisse des Chevaliers de Colomb et commence à rénover l’immeuble. 300 élèves sont maintenant inscrits à chacune des sessions.
En 2011, Transcendanse devient responsable de l’option danse à l’école secondaire Val-Mauricie.

L’école continue d’obtenir plusieurs contrats corporatifs et de participer à de nombreux événements. Transcendanse veut maintenant terminer les travaux de rénovation de l’école. L’organisme appuie aussi les jeunes artistes qui veulent développer une carrière et offre du travail aux jeunes professionnels. Un volet cirque est également proposé par l’école depuis quelques années.

 

Source : 


Transcendanse



FERMETURE DE L’USINE LAURENTIDE

13 octobre 2014

Par Claudine Drolet


Source : Appartenance Mauricie, société d'histoire régionale

 

Le 13 octobre 2014 marque la journée de fermeture de l’usine Laurentide dans le secteur Grand-Mère. Pionnière des grandes industries de la région de Shawinigan et première papetière en Mauricie, elle était aussi la dernière usine d’importance encore en fonction à Shawinigan. Sa fermeture marque la fin de l’histoire des grandes industries de la ville.

 

L’intérêt pour la construction d’une usine de pâte et papier à Grand-Mère remonte à 1882. Le projet mis sur pied par le commerçant montréalais John Forman voit finalement le jour en 1889 avec la construction de l’usine qui entrera en fonction un an plus tard. Grâce à des partenaires américains, la Laurentide Pulp and paper prend de l’expansion. Un agrandissement est construit entre 1896 et 1898 et permet la fabrication de pâte chimique. Vers 1900, l’usine commence à produire du papier journal. En 1910, la production de carton s’ajoute.

 

La compagnie entreprend en 1913 la construction d’une centrale hydroélectrique qui entrera en fonction en 1916. La Laurentide devient durant cette période la plus importante usine de pâtes et papiers au Canada. En 1920, sa production est évaluée à 280 tonnes de pâte mécanique, 175 tonnes de pâte au sulfite et 272,5 tonnes de carton et de papier. Le New York Times est imprimé sur du papier journal fabriqué à la Laurentide. L'usine possède aussi son propre département de recherche.

 

La chute du prix du papier journal dans les années 1920 force la restructuration de l’industrie. La Laurentide n’y échappe pas et fusionne en 1928 avec la St-Maurice Valley Corporation qui comprend la Belgo Canadian Paper et la St. Maurice Paper. La même année la Laurentide se départit de sa centrale hydroélectrique.

 

En 1966, l’installation de la machine no 10 vient augmenter la production de papier journal de la Laurentide. D’autres machines à papier de l’usine sont démantelées parce qu’elles sont jugées désuètes. L’usine ferme donc les machines 2, 5 et 7.

 

Dans les années 1980, plusieurs investissements sont faits à la Laurentide. En 1982, une nouvelle usine de pâte chimique est construite sur le site et en 1991, une nouvelle machine, la no 11, vient remplacer les machines 8 et 9.

Intégrée au groupe Produits forestiers Résolu (ancienne AbitibiBowater) depuis 2007, l'usine Laurentide n’avait plus qu’une seule machine en opération, la no 11.
La fermeture a été annoncée le 2 septembre 2014 aux 275 travailleurs.

Sources : 


Répertoire du patrimoine culturel du Québec
NIOSI, Jorge, « La Laurentide (1887-1928) : pionnière du papier journal au Canada », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 29, n° 3, 1975, p. 375-415
Le Nouvelliste

 

 


 

 


 


FERME

150e ANNIVERSAIRE D'OZIAS LEDUC
8 octobre 2014

Par Claudine Drolet



Source : Claude Gill

 

Né le 8 octobre 1864 à Saint-Hilaire et mort le 16 juin 1955 à Saint-Hyacinthe, Ozias Leduc est surtout connu comme peintre religieux. Il commence à s’intéresser à la peinture à l’adolescence et présente sa première exposition en 1891. Ses paysages, portraits et natures mortes sont régulièrement exposés à l’Art Association de Montréal et à l’Académie royale des arts du Canada jusque dans les années 1920.

 

Il obtient son premier contrat important de décoration d’église pour la cathédrale de Joliette qui comprend 23 tableaux. Au cours de sa carrière, il réalisera la décoration de 30 églises et chapelles au Québec, au Nouveau-Brunswick et dans l’est des États-Unis.

 

L’église Notre-Dame-de-la-Présentation dans le secteur Shawinigan-Sud compte parmi ses plus grandes réalisations. Il entreprend le projet en 1943 à l’âge de 77 ans. Il meurt en 1955 à l’âge de 90 ans, un an avant la fin des travaux.

 

Parmi ses influences, il faut souligner la peinture impressionniste qu’il découvre lors d’un voyage en Europe à la fin du 19ème siècle. Il possède aussi un intérêt pour le symbolisme. Ozias Leduc a également enseigné la peinture à plusieurs artistes dont Paul-Émile Borduas et Gabrielle Messier qui sera son assistante pour le projet de l’église Notre-Dame-de-la-Présentation.

 

Sources :


Église Notre-Dame-de-la-Présentation, lieu historique national du Canada
Encyclopédie canadienne



DU CELLOPHANE À SHAWINIGAN

DU CELLOPHANE À SHAWINIGAN

DU CELLOPHANE À SHAWINIGAN